France Culture s'invite au musée Carnavalet, pour l'exposition "Paris à l'arraché. Jacques Villeglé et l'art urbain"
Retrouver Paris veut certainement dire : recouvrer la mémoire.
Mais aussi, frôler des murs, s'inscrire entre des immeubles, souscrire à une structure qui a été façonnée dans son centre par un urbanisme haussmannien et dans mon nouveau quartier, par des architectes qui rêvaient plus de hauteur que d'alignement.
Je m'y étais déjà habitué dans le XIIIème arrondissement en habitant pendant deux années dans une tour atteignant plus de cent mètres et en bénéficiant, même au huitième étage, d'une vue sur la Tour Montparnasse et la Tour Eiffel, ainsi que sur la sphère enflammée qui a symbolisée la tenue des Jeux Olympiques.
Mais je cherchais à revenir à hauteur de jardins, même si je ne pouvais plus dégager mon regard à des kilomètres, vers la montagne, ou vers le lac, comme à Neuvecelle.
Le quartier de la Butte aux Cailles que j'ai parcouru avec une sorte de fascination touristique, m'a fait reprendre conscience de l'importance des murs.
Une forme d'art que j'avais un peu oubliée, même si la ville de Strasbourg a laissé elle aussi ces dernières années le champ libre à la création murale.
Mais dans un lacis de rues ou Mistic conduit le bal des silhouettes féminines adeptes de phrases choc, le parcours des découvertes est devenu une véritable attraction touristique.
Dans les rues qui m'entourent aujourd'hui, une fois quitté mon environnement paysager et les mosaïques pompidolienne, flirtant avec le triomphe des années Vasarely, reliées pour le meilleur et pour le pire à un Président de la République défenseur de peintres contemporains, l'art mural est plus restreint. C'est peut-être la raison pour laquelle les affiches déchirées sont redevenues des points de repère.
D'où ce renouveau d'un regard sur un des plasticiens qui est venu rejoindre, dans les pages de Textile / Art, les créateurs du papier, que la matière soit directement sortie de l'eau ou que les fibres se soient agrégées.
Que le papier ait servi de support à la lithographie ou à l'impression offset, deux techniques dont mon père à fait un métier pendant cinquante ans.
Matière à aventure !
Matière à brasser !
Matière à torturer !
Matière à arracher !
"À l’occasion du centenaire de la naissance de Jacques Villeglé, France Culture vous emmène au musée Carnavalet - Histoire de Paris pour découvrir l’exposition "Paris à l’arraché. Jacques Villeglé et l’art urbain". Une exposition France Culture.
Artiste majeur de la scène française, Jacques Villeglé développe une démarche singulière caractérisée par le prélèvement d’affiches dans l’espace urbain. À travers ces fragments arrachés des murs de Paris, il transforme les traces éphémères de la ville en un langage visuel unique, à la fois poétique et documentaire.
Son œuvre foisonnante invite à la découverte de l’histoire de la ville au travers d’affiches lacérées ou de signes graphiques qu’il recompose. Paris est pour lui un atelier à ciel ouvert, où chaque mur recèle une œuvre en devenir.
L’exposition s’organise sous la forme d’un cheminement entre des ensembles structurés par la vision de Jacques Villeglé, recueillie dans ses textes. Ses œuvres sont mises en regard avec des photographies, des archives sonores, musiques, extraits de films, interviews et témoignages, parmi lesquels de nombreux documents inédits.
En prélevant ces affiches qu’il date et situe, Jacques Villeglé, qui se décrit volontiers comme un « historien releveur », recueille un matériau qui garde la mémoire des soubresauts de l’histoire et des bouleversements du monde. L’exposition rend ainsi hommage à un artiste, formidable arpenteur des rues parisiennes des années 1950 à 2020."
Jusqu'au 14 février 2027. 23 rue Madame de Sévigné - 75003 Paris.
site web : https://www.carnavalet.paris.fr/expositions/paris-larrache





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